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La nuit se profile, titubante de noirceur en abondance
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La nuit se profile, titubante de noirceur en abondance
Sur la fissure intemporelle d'un mur abîmé de violence.
Je ne suis qu'abandon sur la terre infertile de l'absence
Une caresse oubliée sur les pavés du coeur en silence.
Une croix lourde entrave mes pas, profonde blessure.
Dans ma bouche, ce goût de sang qui devient brûlure
Délave les couloirs de mon âme soudain à la torture.
Du haut des cimes assassinées, naît la meurtrissure.
Une saison d'hiver se pose sur la terre tout en frissons
Le jour en lambeaux se courbe sous un trait d'horizon
Les mots se sont enfuis dans les nuages sans raison
Je suis lasse d'avoir un souvenir comme compagnon.
Pourquoi ne pas se laisser glisser au fond du cercueil
Les yeux fermés, dans le givre glacé habitant le deuil.
Sur tes pas effacés, je n'ai plus d'île, aucun écueil
Juste une ombre qui n'attend pas que je la cueille.
Au fond de moi, explose la braise des tourments
Qui s'allongent impudiques dans le lit du temps.
Cette souffrance boit jusqu'à la lie de mon sang
Scelle mon sarcasme sur mes désirs incandescents.
Quelle est cette musique qui traîne dans ma tête
Un soupir incendié au vent de folie en goguette
Des notes arrachées à un bonheur sans silhouette
Une mélopée pour l'espérance encore en miettes.
Pourtant, je veux mordre dans la chimère meurtrie
Pour ressuciter sur les monts des songes endormis
Déambuler sur les chemins inexplorés de la vie
Flâner sur tes lèvres parfumées d'amour interdit.
Je crève sur la terre aride où tu m'as laissée
Prise au piège de tes lèvres où dort mon éternité
A même le rouge de ma plume, écriture inachevée
Je te cherche pour te dire combien je sais t'aimer.
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